Karaté enfants, le lieu de l’éveil….

Déjà le maître Itosu, en Octobre 1908 avait adressé une lettre au département d‘éducation de la préfecture d‘Okinawa où il plaidait l‘adoption du karaté dans toutes les écoles primaires de l‘île.

Le créateur du, sans doute, premier système pédagogique du karaté ne se doutait sans doute pas que 100 ans après, les enfants arriveraient aussi tôt dans nos Dojo (lieu de l’éveil).

Aujourd’hui les enfants commencent à pratiquer de plus en plus jeune notre discipline. En effet il n’est pas rare de les voir arriver dés l’âge de 4 ans.

Nous les acceptons très volontiers, dans la mesure où les parents adhèrent à notre projet pédagogique, (ceci vous l’aurez compris afin que notre lieu ne se transforme pas en garderie!)Mais encore faut il que ceux-ci connaissent les grandes lignes de notre démarche enseignante.

Les enfants viennent pour apprendre une technique, mais pas seulement, il est de nôtre rôle de leur faire découvrir d’autres aspects de notre art martial.

Nous pouvons dire que nous poursuivons trois objectifs principaux :

Objectif technique

Apprendre plusieurs schémas moteurs simples et pouvoir les restituer convenablement en fin d’année,

coup de poing en avançant ( oï tsuki )

Coup de poing indirect, (gyaku tsuki )

Blocage vers le haut (jodan age uké)

Blocage et balayage vers le bas (gedan baraï)

Coup de pied de face (mae geri)

Coup de pied circulaire (mawashi geri)

Pouvoir replacer ces techniques dans différentes directions (Kata)

Objectif ludique

Sans doute l’aspect le plus important car le jeu corporel va permettre de découvrir la technique en s’amusant, ce qui favorisera les acquisitions dans un climat bienveillant.

-prendre conscience de sa gauche et de sa droite

-se repérer dans l’espace

-trouver et garder son équilibre

-Appréhender la distance de sécurité a travers des déplacements simples: avancer, reculer, se tourner, tomber, se relever.

Objectif social

-Apprendre à respecter leur lieu, à travers le salut.

-Apprendre à respecter les consignes

-Découvrir « l’autre » et ses différences.

-Prendre conscience du groupe

-Savoir se préparer seul, se déshabiller, se mettre en kimono et attacher sa ceinture.

-Apprendre à écouter et se taire!

-Pouvoir s’exprimer au bon moment!

-Développer son autonomie

Voilà les principaux axes de travail que nous proposons, les listes ne sont pas exhaustives, la pédagogie employée est différenciée, (comme pour les adultes d’ailleurs) car les enfants ne marchent pas tous à un an et ne sont pas tous propres à 2 ans et demi !!!

Je finirai en vous énumérant les règles en usage dans un dojo (dojo kun) 5 directives de bases clairement posées dés 1733! par Sakugawa.

  1. Avoir un comportement juste avec soi même (maîtrise du caractère)
  2. Vivre en harmonie avec les autres
  3. Aller vers un but raisonnable (avoir des aspirations positives mais non incontrôlées et superflues)
  4. Respecter l’étiquette (sans laquelle il n’y a aucune discipline de soi même)
  5. Agir sans violence inutile (privilégier d’autres sorties de situations conflictuelles que le combat)

Comments

  1. forel

    JL,
    Bravo, c’est bien pour nous parent non adepte de découvrir le projet pedago. Surtout lorsque son enfant évolue au fil des séances avec une belle illustration des grands principes évoqué içi.
    Félicitations et longue vie au Masalia Karaté Club.
    Le papa d’ADAM

  2. Delphine

    Bonjour Jean-Luc
    Merci pour ces infos très interessantes qui permettent d’avoir un bon aperçu du déroulement du cours avec les enfants.
    Les noms des differents coups et blocages que les petits apprenent me permettent de me remémorer mes quelques lointains cours de karaté et d’en parler avec mon fils.
    Merci et bravo !
    La maman de Matteo.
    PS: Je vois que le fait de s’habiller seul fait partie des objectifs… je réalise donc qu’il faudra que je me fasse violence pour ne pas aider Matteo qui, de toutes façons, me chasse systématiquement des vestiaires, ah là là!

  3. Philippe

    Bonjour,
    tout est dit dans ces grandes lignes !
    Après, il s’agit plus de l’attention portée à chaque enfant, non pas en fonction de son âge, mais surtout de ses capacités du moment.
    En d’autres termes, si l’on peut s’attendre à ce qu’un enfant de 8 ans soit mieux “latéralisé” (reconnaisse plus facilement sa droite de sa gauche, l’avant de l’arrière…) qu’un enfant de 5 ans, il se peut que ce ne soit pas vrai dans la réalité ; de plus, selon l’état psychique et physique de l’enfant (envie ou pas, décidé ou pas, selon ce qu’il a vécu à la maison, ou avant de partir ; fatigué ou pas, malade ou pas), chaque enfant pourra avoir des difficultés qu’il n’aura pas montré précédemment.
    Cette “régression” apparente, est nécessaire pour le développement de l’enfant ; il prend conscience (plus ou moins) qu’on peut réussir un exercice un jour, et le râter la séance suivante : rien n’est définitivement acquis. La solution ? Travailler et retravailler. Le professeur est là pour l’y encourager, de temps en temps gentiment, parfois plus sévèrement, selon ce qu’il ressent de l’enfant.
    Nous touchons là un domaine très délicat, car il s’agit bien de pédagogie différenciée.
    Ainsi, deux personnes peuvent ne pas avoir le même ressenti de l’enfant ; cependant, un pédagogue (dont c’est, par définition, le métier) adoptera la meilleure des solutions pour l’enfant, dans 80% des cas.
    Cela nécessite beaucoup d’attention et d’empathie… c’est un vrai métier !
    Les problèmes rencontrés par les professeurs des écoles ou du secondaires, révèlent justement le manque de considération de beaucoup de parents à l’égard des compétences requises pour être professeur.
    Le débat dérape, le sujet change : on se focalise sur la façon dont le “prof” doit faire son métier et plus sur le développement personnel de l’enfant !!
    Paradoxe, notre société développe de plus en plus de stage de développement personnel…pour adultes !
    Les codes et règles appliquées dans un dojo pour les enfants, les valeurs défendues – telles que Jean-Luc les a écrit ci-dessus – et le travail de fond que le professeur apporte, ne peuvent se juger en un clin d’oeil.
    Nous travaillons ici sur de “l’humain”, c’est à dire quelque chose d’extrêmement complexe et qui n’est pas une science exacte.
    Mais le travail fait orientera le chemin à parcourir.
    Ces valeurs et ces règles sont là pour border celui-ci. Le parcours quant à lui, peut-être très variable pour chaque individu.
    Et c’est ce qui est passionnant !
    Philippe P.

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